Musique de concert

Territoires (2009)

Musique électroacoustique

Un temps donné. Dans un espace vague, sans forme.
Le paysage évolue, équivoque.
Puis, arrive un souffle soudain.
Onde de choc.

Un temps donné.

Le temps s’arrête. Puis repart.
Un espace vague, qui reprend forme.
Le doute s’installe.
Au loin, dans l’attente, s’éveille doucement le murmure de la peur.

En imaginant cette pièce, j’ai d’abord voulu établir un espace sonore horizontal constitué de trames harmoniques qui, sporadiquement, serait rompu par des éléments de nature verticale. Les trames harmoniques, dans leur lente évolution, suggèrent un certain état, une certaine direction : ces moments appellent une écoute contemplative, permettent à l’auditeur de s’abandonner et de se laisser surprendre par la suite. L’idée était donc en premier lieu de jouer avec le concept d’accident qui, par sa violence, a nécessairement un impact sur son environnement. Les territoires représentent donc ces deux courants auditifs, les trames harmoniques et les éléments verticaux, qui sont tantôt dans des zones franchement délimitées, tantôt superposés l’un à l’autre en opposition figure-fond. Aussi, je souhaitais créer un climat d’attente, éveiller une certaine crainte de la rupture. En ce sens, je voulais susciter une situation psychologique analogue au terrorisme, c’est-à-dire tenter l’exercice d’une emprise par la crainte de la violence plus que par la violence elle-même.

Territoires a été sélectionnée au Concours international des musiques électroacoustiques de Bourges 2009 et a obtenu le 1er prix au Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN, édition 2009, catégorie Hugh-LeCaine.

Nuit blanche (2009)

La nuit est le vecteur de tous les possibles. Dans l’instant qui précède notre sommeil, nos perceptions tanguent entre le réel et le rêve, entre la peur et le confort, entre la violence et la sérénité. De ces antagonismes naissent des espaces ambigus, tantôt soumis au chaos de la fureur, tantôt teintés d’une douce nostalgie.

J’ai souhaité construire Nuit blanche comme un voyage au travers de cette nuit. De ce périple émanent des fragments de mélodies, des morceaux de réalité. La majorité des matériaux sonores proviennent du piano, un corps sonore au potentiel immense. Pour élaborer le matériel pianistique, je me suis d’abord inspiré du Prélude en do# mineur (Op. 3, no 2) de Sergei Rachmaninoff et de l’Arabesque no 1 de Claude Debussy. Par contre, il ne faut pas trop essayer de les discerner à l’écoute : si ces références sont encore présentes, ce n’est qu’à l’état de traces et de résonances. Quelques notes ici et là, parfois des harmonies, mais ces éléments sont comme noyés dans les espaces sonores oniriques, dans le foisonnement d’un imaginaire pianistique complexe. On dit que Rachmaninoff a composé son Prélude pour faire une allusion à la macabre histoire d’un homme qui fut enterré vivant. L’Arabesque de Debussy aurait quant à elle été inspirée par une œuvre d’art mauresque. J’ai réalisé a posteriori que ces deux pièces forment en quelque sorte les pôles du discours de Nuit blanche : l’angoisse et la beauté, deux valeurs antagonistes et pourtant toutes proches.

Nuit blanche a obtenu le 2ème prix au Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN, édition 2009, catégorie Hugh-LeCaine.

Appel (2008)

J’ai tout d’abord voulu que cette pièce soit une transposition musicale du chapitre de l’Israël en Égypte, première partie du livre de l’Exode. Il en résulte plutôt une oeuvre constituée de paysages sonores qui présentent des fragments de l’épisode biblique. Un peu comme si le peuple de Dieu, dans les quarante années qu’il a passées à marcher dans le désert, cherchait à se remémorer des passages de son Exode : le Buisson ardent, les plaies d’Égypte, la traversée de la Mer, le bâton qui accomplit les signes. Les sons, les gestes musicaux, les processus et les traitements ont donc été choisis pour les potentialités symboliques qui les lient avec ces éléments extra-musicaux.

Dans un certain sens, je considère également que ma pièce est la modélisation d’une psychologie de la migration, qui implique un voyage, au gré des échecs et de l’espoir, dans des espaces à la fois communs et dénaturés. C’est donc dire aussi que, malgré sa valeur programmatique, cette pièce tend vers une certaine ouverture, notamment par la fragmentation du récit et par l’insertion d’images sonores apparemment étrangères à l’épisode biblique.

Appel a été sélectionnée au Concours international des musiques électroacoustiques de Bourges 2009 et a obtenue le 2ème prix au Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN, édition 2008, catégorie Hugh-LeCaine.

Landskap (2006)

Musique d’errance, Landskap est une pièce électro-acoustique faite de paysages nordiques. L’univers sonore se déploit dans des espaces polymorphes, dans un temps presque figé, paralysé par le froid.

Du rire et de l’oubli (2005)

La répétition accable les éléments du quotidien d’une lourdeur qui peut devenir insoutenable. En s’inspirant de l’univers du romancier Milan Kundera et plus particulièrement du Livre du rire et de l’oubli, la pièce tente de répondre à l’angoisse qui peut naître du poids des jours.

Du rire et de l’oubli a obtenu le 2ème prix au Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN, édition 2007, catégorie Hugh-LeCaine.

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